Lire pour le plaisir.
18/09/2020 17:19 par ninanet
« Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois » Pierre Dumayet
Vous aimez les livres ? Vous aimez rêver, rire ou pleurer d'émotion avec un bon livre ? Vous voulez faire plaisir à vos enfants en leur offrant des livres écrits juste pour eux ? Alors faites-nous le plaisir de venir nous voir au Salon du Livre à l'Hyper U aux Arcs, samedi 19/9/20 de 9h à 18h. Remercions toute l'équipe de libraires de l'Hyper U car ils aiment les auteurs et nous invitent chez eux. Rien ne vaut le contact direct et par ces temps troublés, chers lecteurs vous nous avez manqués. Alors nous espérons que nous aurons le plus grand plaisir de vous présenter nos écrits (ceux que vous connaissez déjà et les nouveaux). Nous vous réserverons nos meilleures dédicaces dictées par notre passion. Un grand merci par avance.
« Sa musique décrivait un coin du ciel, une façade éclaboussée de lumière, invisibles sans jazz. Il jouait et la joie se réveillait d’un rien et de partout ». Philippe Hayat
Je n’ai pas pour habitude, ni de chroniquer des livres ni de relire deux fois le même livre.
Alors que se passe-t-il ? Et pourquoi ?
Étant auteure moi-même, je ne pense pas être la mieux placée pour vanter ou décrier un ouvrage littéraire. Je ne sais que trop le temps, l’angoisse, la solitude pour écrire un roman. L’ego aussi… Et je ne m’autorise pas la critique bonne ou mauvaise.
Mais voilà de toute cette saison « maudite » de la Covid, je n’ai pas beaucoup pris l’air, pas envie et écrire ? Pas envie ! Alors que me restait-il ? La lecture ! L’évasion dans la lecture est mon arme avérée pour mettre de l’ordre dans mes idées. Rêver, respirer, vibrer dans les pas d’un auteur m’aide à avancer. À voir clair dans ce que l’humanité peut m’apporter. Et ce roman est humain avant tout !
J’ai donc beaucoup lu. De bons et de moins bons livres. Et puis, je ne sais plus par quel hasard j’ai eu entre les mains LE livre qui m’a donné envie de le relire une deuxième fois, pas tout de suite mais quelques mois plus tard. Je devine, vous vous impatientez. De quel livre parle-t-elle ? J’y arrive : Philippe Hayat « Où bat le cœur du monde ».
En 1935 à Tunis, un petit garçon, Darius, est frappé de mutisme suite à un événement tragique ; un pogrom où son père, parce que juif, est battu à mort et sa librairie saccagée et brûlée ! Le père disparu, cet enfant muet et boiteux, blessé lors du pogrom, doit survivre avec sa mère Stella. Il n’aime pas l’école. On se moque de lui, mais il aura toujours la chance (dans son grand malheur) de rencontrer la bonne personne au bon moment. Un jour, Stella lui demande de l’accompagner pour l’aider à tenir le vestiaire d’un théâtre. Pendant l’entracte, il entend de la musique, s’échappe guidé par les sons et là son destin bascule : « Qui parle ? se demandait-il (Darius). Plus fortes que les mots, ces notes avaient le pouvoir de lui tirer des larmes. Le musicien, l’instrument, qui parle ? Nulle tristesse pourtant mais Darius pleurait ».
La musique se révèle à lui, plus forte que son amour pour sa mère, plus forte que sa mutité. Des notes plus fortes que les mots. Au petit matin il part, abandonnant ses études pour le jazz. Il va tout connaître, la faim, le froid, la drogue, des musiciens qui l’initieront et Lou et Dinah... Pendant toutes ces années, Stella sa mère l’attendra avec tout le désespoir d’une mère qui n’a vécu que pour son fils. Je ne peux vous en dévoiler plus, je vous laisse découvrir la fin, très poignante.
La plume est alerte, concise, aussi légère qu’un air de musique faisant « battre le cœur du monde ».
Avec Darius, on visitera Tunis et ses faubourgs, les pogroms ; l’Amérique et ses générosités envers les jeunes artistes mais aussi ses débordements et le racisme.
Si vous aimez la musique des années 50/60, le jazz, le saxophone, Gershwin, Duke Ellington, Billie Holiday… alors laissez-vous porter.
Avec Darius, Max et Stella, Lou et Dinah, ces amoureux de la Vie, ces personnages haut en couleur, on est transporté au cœur du monde avec la musique qui rythme son tempo. Toutes les émotions sont réunies et pas de mièvreries. Aucune fausse note !
« Quand je regarde ma vie et sa couleur secrète, j’ai en moi comme un tremblement de larmes. Comme ce ciel. Il est à la fois pluie et soleil, minuit et midi. Je suis tout cela à la fois. Je suis sûr qu’il est des moments où vous ne me reconnaîtriez pas. Extrême dans la douleur, démesuré dans le bonheur, je ne sais pas dire » A.Camus
On nous répète à longueur de journées, de médias, d’ordres et de contre ordres, ce qu’il faut faire ou pas faire en cette période de Covid.
Mais tous les jours, des gens meurent ou restent infirmes pour d’autres maladies dont on ne se soucie guère. Je l’ai appris à mes dépens, tout au long de cette année où suite à une chute dans mon escalier, j’ai cherché à comprendre pourquoi cela a été si grave. L’urgence était de laisser se ressouder toutes seules mes sept côtes cassées, car le simple effort de me soulever me faisait perdre connaissance, et de remettre mon coude en « état de marche » qui m’a valu un an d’hôpital de jour, de kinés....
Le chirurgien qui a fait un travail d’orfèvre, à notre dernier rendez-vous, m’a mise en garde : « Surtout ne tombez pas » ! Au-revoir et merci ! Ma répartie ne s’est pas fait attendre : « Hormis votre mise en garde, il y a bien des mesures à prendre ? Un traitement ? On ne fait pas exprès de tomber que je sache » ! Il me conseilla d’aller consulter un généraliste qui, lui, s’est contenté de me prescrire des vitamines D que l’on peut acheter sans ordonnance à n’importe quel coin de rue. Je me suis entêtée à savoir. Je n’acceptais pas cette fatalité. J’ai cherché, j’ai fouiné, j’ai interrogé. Merci Internet. Merci Google. J’ai trouvé pourquoi et comment y remédier. Alors j’ai pris ma plume et j’ai écrit mon aventure qui aurait pu mal tourner. Le titre s’est imposé de lui-même « La Miraculée » surnom que m’avait donné le chirurgien. De deux doigts d’abord, d’une main, puis des deux mains, en serrant les dents mais la fièvre de transmission chevillée au ventre.
Pour ne pas dire comme moi « je ne savais pas », lisez « La Miraculée », il est tout sauf angoissant. Il est drôle, généreux, instructif. Vous apprendrez ce qu’on ne vous dira jamais car cela n’intéresse pas les laboratoires, ça ne rapporte pas gros…
N’attendez pas le faux pas, la chute qui vous fera connaître l’enfer dans le meilleur des mondes et l'indifférence générale. Ça n'arrive pas qu'aux autres ! Ça n'arrive pas qu'aux femmes mais surtout aux femmes !
Vous avez envie de me faire confiance et de partager mes écrits : http://a5editions.fr vous y trouverez quelques retours de lecture sur « La Miraculée ».
Merci !
« Un enfant qui lit, sera un adulte qui pense » proverbe
Encore un bel exemple de complicité mère/fils. Je reçois ce jour le ressenti ainsi que le coloriage d’une page du tome 4 « Gracieuse et Panache en Vacances » d’un petit garçon de 8 ans rencontré en dédicaces :
« Bonjour,
Voici le coloriage de Valentin qui veut concourir en espérant gagner le tome 5 de Gracieuse et Panache. Comme promis Valentin vous fait le retour de sa lecture.
Son passage préféré est la course entre Gracieuse et Panache quand Gracieuse propose une course et qu'elle sait d'avance qu'elle va gagner, la coquine !
C'est gentil quand ils accompagnent le chat dans l'arbre.
C'est rigolo quand Panache fait peur à Gracieuse pour lui faire une blague et quand Gracieuse joue avec le bébé et qu'elle le fait pleurer sans le vouloir.
Ce que Valentin retient c'est que Gracieuse et Panache font tout ce qu'ils peuvent pour que les autres soient heureux.
Voilà le regard d'un enfant sur votre œuvre.
À bientôt. Valentin et Elodie »
Je vous laisse deviner mon émotion. Valentin a bien analysé et apprécié le triptyque de mes valeurs, celles de l’humour, de la générosité et de l’amitié. La petite cerise sur le gâteau : son application pour gagner le concours. Il l’avait déjà gagné avec le tome 3 « Gracieuse et Panache au Haras ». Voici ce que m’avait écrit sa maman :
"Bonjour,
Voici le coloriage choisi par mon fils, Valentin 7 ans. Bravo pour cette jolie histoire de « Gracieuse et Panache au Haras » qui a su garder Valentin en haleine, plein de questionnements, de rêves et essayant de résoudre les intrigues ». Merci.
Écrire et illustrer pour les enfants, c’est à chaque fois une remise en question. Et si les enfants allaient se détourner de Gracieuse et Panache ? Le doute, toujours le doute du rejet, de l’incompréhension de l’enfant. Valentin attend déjà le tome 5. Il faut que je m'y mette. Noël approche vite !
http://a5editions.fr
Suite à la lecture d’un article sur l’amour masqué, j’ai eu envie de rebondir.
Depuis le début de cette si folle et consternante aventure de la Covid (à quand les thrillers sur la chose…) on a tout vu, tout lu, tout entendu et encore nous n’en sommes qu’au début. Si, si au début puisqu’à présent les scientifiques qui nous ont dit que le port du masque était inutile (notre cher président s’étant paraît-il toujours référé à eux avant de prendre une décision, le pauvre…), qu’après il était indispensable d’en porter pour protéger les autres… Quel altruisme, vraiment… Un début de roman me vient à l’esprit, mais il est si terrible que je n’ose développer… Je ne suis qu’une romancière qui ne vit que d’amour et d’eau fraiche ! Qui ne sait écrire que sur les belles relations humaines. Je ne désespère pas de continuer.
Et c’est là que je réalise la chance que nous avons eue, nous les natifs d’après guerre, celle de 45. Je suis née à la Libération et quelles Libertés ! Au pluriel s’il vous plait. Ah la liberté de danser collé/serré, les slows (put your head on my schoulder ou les filles de Paris sont les plus jolies du monde ou encore you are my destiny… ) de mon chanteur préféré de tous temps Paul Anka. Je l’ai vu au Bon Marché, la cohue, impossible pour lui de rejoindre le podium, il a fallu passer de main en main son 1,50m au-dessus des têtes… Quel joli et tendre souvenir de mes 16 ans… Les tangos (Besamo muchos Cesaria Evora), les passodobles (prends ma main, Étrangère au paradis de Gloria Lasso), le sirtaki (Zorba le Grec) toutes ces danses qui nous faisaient tout oublier l’instant d’un après-midi en surboum ou en soirée dans quelques bals publics, surtout j’adorais ceux du 14 juillet. Il pleuvait très souvent à Paris mais rien ne nous arrêtait.
Je n’avais qu’une richesse celle de ma jeunesse et pourtant je n’étais pas aux 35h mais plutôt aux 60h heures supplémentaires comprises. Que diable on gagnait notre vie, on se maquillait… je me souviens de ces plâtrées de fond de teint qu’on se mettait sur le visage, de ce khol autour des yeux qui offrait à notre regard toutes les promesses du monde… Ah nostalgie quand tu nous tiens ! Ces talons aiguilles qui m’octroyaient quelques centimètres supplémentaires et qui sans prévenir parfois cassaient et qui me faisaient boiter le reste de la soirée ou de la surprise partie… De belles surprises parties. Souvenez-vous du sketch de Sophie Daumier et Guy Bedos (il m’a mordue… Il m’a fait mal ce con…) qui nous a tant fait rire. De tout là-haut, indubitablement, ils doivent se marrer. Ils doivent se dire « on a bien fait de partir, ils sont tous devenus fous… ».
Et aujourd’hui nos chers scientifiques, en mal d’amour sûrement, le nez plongé dans leurs éprouvettes, sont-ils masqués pendant leurs expériences, je me demande ! Sait-on jamais qu’une bulle d’amour « Covidesque » leur saute au visage… Là je délire mais avec quel plaisir ! Donc ils nous disent quoi ? Qu’il ne faut pas s’embrasser à lèvres nues ? Qu’il faut porter le masque pendant l’acte si merveilleux de l’AMOUR ? Mais je rêve, je sais que je rêve et qu’on va tous se réveiller de ce cauchemar, soulagés et surtout confiants de retrouver notre joie de vivre. Faire l’amour, faire des enfants, les éduquer… à deux… Un papa plus une maman et l’enfant, ça fera trois heureux… C’est un autre débat.
Voilà je me suis défoulée et j’espère que je ne vous ai pas agacés.
Bon dimanche à tous.
Carpentras suite…
Voici l’article paru dans « La Provence » après ma séance de dédicace à l’Espace Culturel de Carpentras. Encore mille mercis aux journalistes carpentrassiennes et à mes lectrices et lecteurs, petits et grands rencontrés en cette belle journée où ni la Covid, ni la chaleur, ni le chassé croisé des vacanciers, n’a porté d’ombre à l’événement.
« Gardez bien en vous ce trésor, la gentillesse. Sachez donner sans retenue, perdre sans regret, acquérir sans mesquinerie » de George Sand.
Pourquoi faillir à la règle, celle de vous relater mes séances de dédicace ? Dans quel but, me demanderez-vous ? Simplement parce que le bonheur ça se partage, il est contagieux et s’il peut vous atteindre au fil de mon vécu, alors je continuerai.
Pourquoi cette citation de George Sand ? Parce que samedi à l’Espace Culturel de Carpentras j’ai rencontré LA gentillesse, au sens noble du terme. La gentillesse d’esprit et de cœur. Ce côté plaisant empreint de générosité qui vous fait vous sentir bien.
Un article sur le Vaucluse Matin annonçait ma dédicace le jour même. Merci à Anne Cholet, journaliste, qui avait pris la peine de me téléphoner pour faire connaissance, d’où sa belle analyse de mon parcours d’auteure. Merci à toute l’équipe de l’Espace Culturel pour son accueil, son écoute pour bien disposer ma table et mes livres. Et la cerise sur le gâteau, une journaliste de « La Provence » est venue me prendre en photo pour un article à paraître. Alors tant de gentillesse et d’empathie ne peuvent que donner envie de se surpasser. Nonobstant, je savais que la partie à jouer ne serait pas chose aisée. La Covid donc le port du masque, la canicule que personne n’aime affronter, et le chassé croisé… Eh bien toutes ces considérations ont joué en ma faveur. Les Carpentrassiens appréciaient de rencontrer une auteure venue de Saint Raphaël. Pour ma première fois à Carpentras, la magie a encore opéré. Très touchée et honorée par mes rencontres :
La maman de Sarah a tout fait pour persuader sa gamine de sept ans à découvrir « Gracieuse… ». Une complicité mère/fille enviable. « Maman, tu crois que je saurais lire tout ça ? Mais oui, on va les lire à deux, moi aussi j’ai envie de découvrir Gracieuse et Panache ». Là vraiment je voudrais saluer l’amour, l’intelligence de cette maman, sa façon de s’y prendre avec gentillesse pour mettre sa fille en confiance. Et mieux ! Bien plus tard, elles sont revenues prendre le tome 1 de « Gracieuse… » pour l’anniversaire de Lili, la petite amie de Sarah. Je subodore qu’elles ont dû commencer à lire le tome 1, et cela a déclenché cette idée de cadeau, ainsi les deux gamines pourraient en discuter. En aparté sa maman m’a dit qu’elle souhaitait mettre sa fille à la lecture… Bonne pioche avec les quatre Gracieuse qui sont un hymne à l’amitié, gentillesse en prime.
Le papa de Sara (sans H cette fois) voulait emporter pour sa fille un bout de Provence, pour leur future implantation à Rennes. « Gustave » et « Lettre à pépé Charles » tombaient à pic.
J’avais commencé ma présentation à Philippe lorsque l’indésirable (le portable) nous a interrompus. Il s’est éloigné et a bien patienté à son retour, le temps que je termine une dédicace, pour tout savoir de mes livres. Il est reparti avec « La Miraculée » en me faisant dédicacer « avec tout mon amour » un grand sourire malicieux dans le regard...
Ma journée s’est déroulée tranquillement ponctuée par-ci, par-là de belles dédicaces et s’est terminée par la rencontre qui m’a le plus marquée, celle de Emma et de sa Marraine. Le sourire radieux d’Emma serrant contre elle « Lettre à pépé Charles » et la gentillesse de sa marraine qui le lui a offert et qui nous a prises en photo, m’ont touchée. Un auteur a besoin de ces contacts chaleureux, et là à Carpentras j’ai été bien servie.
Le retour a été très compliqué. Des embouteillages, des délestages, mon chauffeur qui s’en prenait au GPS qui a bien failli nous embrouiller au point de nous emmener en Espagne… Mais non… Tout est bien qui finit bien !
« Une des plus belles choses dans la vie, c’est de trouver quelqu’un qui peut vous comprendre sans avoir à donner d’autres explications » Khalil Gibran
Je vous ai déjà parlé de ma plus jeune fan, Mathilde, rencontrée en dédicace à l’âge de 4 ans ½, aujourd’hui elle a 7 ans. Avec Mathilde, nous ne nous sommes plus revues pour plusieurs motifs inhérents à nos vies, mais les liens du cœur n’ont jamais été rompus. Voici ce que je reçois aujourd’hui de sa maman,
« Bonjour Annette, Mathilde voulait à tout prix lire votre livre avec moi. Nous l’avons lu ensemble d’une traite le week-end dernier. Depuis, elle me parle du Lac de Saint Cassien, où elle aimerait bien aller. Elle a trouvé l’histoire « super ».
Vous pouvez lui écrire chez ses grands-parents, elle sera contente.
Bonne journée. À bientôt. Virginie ».
Tout aussitôt, ma missive a pris son envol pour rejoindre ma petite amie Mathilde, ma petite-fille de cœur, chez ses grands-parents.
Aussi lorsqu’on me demande ce qui me pousse à passer un été aussi chaud sur les routes, à braver la Covid, la réponse est toute simple : pour toutes ces rencontres magiques, pour tous ces échanges, ces éclats de rire, pour ma passion exaltée. Comprenne qui peut… Avec Mathilde on se comprend sans autres explications.
Aussi, tôt demain mon chauffeur personnel, prendra le volant pour m’emporter dans le Vaucluse, à l’Espace Culturel du Centre Leclerc de Carpentras. J’y serais en dédicace de 9h30 à 18h.
Si le cœur vous en dit et si vous vous trouvez dans les parages, je serais ravie de vous présenter mes romans et plus si affinités, je vous les dédicacerai.
Merci et à demain.
« L’homme est un apprenti, la douleur est son maître, nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert » Alfred de Musset.
Citation postée par un ami lecteur, ami tout court, et qui correspond tout à fait à mon état d’esprit pour vous conter ma journée dédicace à Cogolin.
Je ne suis qu’une apprentie auteure, j’écris, j’illustre dans la douleur et la solitude et j’ai appris la souffrance de dédicacer masquée… Une nouveauté et quelle galère !
Dès mon arrivée à l’Espace Culturel, je commence à pester contre ce masque qui me fait loucher. Ensuite il me fait légèrement larmoyer par les efforts à empiler mes livres puis à les présenter suivant un plan bien précis : « premières lectures » à ma gauche, les adultes à ma droite et « Gustave » littérature ado au centre.
Séquence émotion : Je n’ai pas encore la satisfaction de la perfection, qu’aucun livre ne dépasse… que déjà Anna une adorable jeune fille s’avance vers moi, soulève « Lettre à pépé Charles » et me dit « c’est fou ce que cette couverture m’attire » et d’un joli sourire qui lui éclaire le visage que l’on devine sous le masque, m’annonce « je le prends, je le prends… je ne peux pas faire autrement ». Nous discutons et d’un mot à l’autre j’apprends qu’elle veut être professeur de français, qu’elle adore écrire… nos prénoms sont-ils prédestinés à cela ? J’aime à le croire. Étudiante à Limoges, en vacances chez sa grand-mère, le hasard est mon allié car elle ne devait pas passer par là, elle repart le lendemain et elle choisit en plus « La Miraculée » en coup de cœur. Elle me promet de me donner de ses nouvelles et s’en va. Le masque me gêne de plus en plus, discrètement je le baisse dès que personne ne me voit… et hop j’avale une longue gorgée d’eau glacée pour pouvoir parler distinctement, il est hors de question que le masque me baillonne. Quelques visiteurs, quelques échanges difficiles au cours desquels, il me faut répéter. Je ris avec Marie car elle me fait remarquer que le masque nous rend sourdes toutes les deux. Pareil, échange à bâtons rompus, nous nous trouvons de nombreux points communs, échangeons nos numéros de téléphone et elle me dit « à présent je me fais plaisir, je ne pense qu’à moi » et repart avec « À l’assaut du bonheur » et « La Miraculée ». Une adolescente s’approche de moi, me dit les yeux brillants « je lis beaucoup ». Je lui présente « Gustave » et hop l’emporte. Un monsieur âgé m’observe un peu en retrait puis il s’approche, se présente : je suis un Belge de Gand, auteur de BD et je suis édité par une maison d’édition parisienne. Sa BD est sur le thème du vélo. Un thème très en vogue. Il choisit « Gustave » pour ses deux petits-fils jumeaux Jack et Léon de la part de Bon-Papa. N’est-ce pas magnifique d’appeler son grand-père bon-papa ? Pour moi c’est bon comme du bon pain. Je lui avoue que je suis admirative car je serais bien incapable d’écrire une BD alors que j’en meurs d’envie. Il prend « Gracieuse et Panache sont amis » (pour les 6/8ans), le feuillette et me dit « c’est pour moi, je m’appelle Guido (guido/guidon/vélo sa BD, je m’abstiens par respect de faire un jeu de mots). Votre livre c’est presque comme une BD, je veux le lire, il m’intéresse »… J’étais sans voix, le masque pour le coup n’y était pour rien. Blandine, une femme médecin, nous avons beaucoup échangé autour de « La Miraculée » et a choisi pour Cyrielle « Gustave ».
Un bel échange intelligent et amusant avec Dune et Ralia. Elles sont reparties avec deux Gracieuse et Panache… Un peu de calme, je baisse discrètement mon masque qui commence à être humide. Je n’en ai pas d’autre. J’étais très mal à l’aise.
Séquence tension émotionnelle : Raphaëlle une gamine pétillante, de magnifiques yeux bleus et d’une vivacité impressionnante. Elle me pose des tas de question, feuillette tous les livres. Elle est accompagnée de sa maman qui me confirme que c’est tout le temps comme ça. Elle m’a rappelé qu’à son âge j’étais curieuse de tout. D’un seul coup, un éclair passe dans son regard et elle explose « pourquoi je n’ai pas de papa moi, même mes copines à l’école se moquent de moi et elles me disent, il est où ton papa, il est mort ? Pourquoi je n’ai pas de papa, moi » ? J’ai été très émue (moi qui adorait mon père), que répondre ? Pourquoi s’adresse-t-elle, dans son désarroi, à moi, qu’elle ne connaît pas ? Sa maman aussi est très gênée et émue… J’ai essayé du mieux que j’ai pu de la consoler en lui disant qu’elle a beaucoup de chance d’avoir une si gentille maman, qui l’habille comme une jolie princesse, lui achète ses plaisirs, comme là un livre. J’ai détourné son attention en lui présentant « Gustave ». Elle a retrouvé entrain et sourire.
Nonobstant, j’ai le cœur lourd, en me demandant qu’allait devenir notre société avec la GPA pour tous, et bientôt (lu sur Internet) la ROPA (réception d’Ovocytes de la partenaire) permettant à une femme de donner à sa partenaire un ovocyte qu’elle portera dans son utérus : ce qu’on appelle un don dirigé. Ce qui fera qu’un enfant, né par une PMA de lesbiennes, n’aura pas de père mais aura deux mères. Amendement adopté en commission spéciale (profitant de la Covid où tout le monde a le regard tourné sur la maladie) et qui risque d’être voté par l’Assemblée plénière en septembre. Je ne sais pas si c’est le cas de Gabrielle, je me suis gardée d’être indiscrète et je ne porte aucun jugement mais j’ai entendu la souffrance de cette gamine sans père. C’est cela que nous voulons pour notre société future ?
Ma journée dédicace s’est terminée sur cette note triste. Le port du masque a été une véritable torture et le retour a duré deux bonnes heures pour faire les 38 kms qui me séparaient de chez moi. Ainsi va la vie !
« Mais que Dieu me pardonne, j’ai tout fait à l’instinct… Je ne suis qu’un homme peut-être un bon à rien, mais que Dieu me pardonne, j’ai le cœur sur la main si parfois j’abandonne c’est pour faire mieux demain ». Claudio Capéo. Je l’écoute en vous écrivant.
J’ai pour habitude de narrer mes péripéties « heureuses pour la plupart » vécues lors de mes dédicaces. J’ai beaucoup hésité avant de vous raconter cette dernière matinée, en ce lundi 20/7 coïncidant avec le port obligatoire du masque dans les espaces clos… Ce couple de libraires m’a toujours accueillie avec le sourire, malgré l’exiguïté des locaux. Qu’à cela ne tienne, j’emporte ma petite table, ma chaise sur laquelle je ne m’assois jamais et j’installe mes livres. Dehors. Dans un grand sentiment de liberté pour observer, écouter, car éponge je suis… J’affiche mon sourire, pour l’occasion je mets mon masque et c’est parti. Me sourit qui veut, me parle qui en éprouve le besoin ou le désir. Et là, impossible de ne pas ressentir dans l’air ambiant les angoisses, la peur, l’incompréhension. Je crois que le sentiment de peur est prédominant dans le comportement des personnes âgées… La peur qui se lit dans le regard n’est pas masquée, elle ! Certaines personnes ronchonnent, d’autres fulminent contre l’inconfort à porter le masque ou contre ceux qui n’en portent pas, même à l’extérieur ! Une furie s’attaque soudain à un vieux monsieur non masqué entrant dans la librairie pour payer son journal pris à l’extérieur sur un présentoir. Il avait l’appoint cela a duré moins de 10 secondes, d’autant que la caisse est à la porte. J’ai eu honte face à cette violence verbale. Le vieux monsieur était déjà loin que la furie, la quarantaine à peine, continuait à l’invectiver, un plein de bile à déverser. N’y-a-t-il pas une autre façon plus douce de s’adresser à « nos vieux » ? En arrivera-t-on à haïr les personnes âgées ? Moi j’ai toujours su que les vieilles personnes étaient un trésor pour les générations à venir. Brusquement je me suis demandé si je ne devais pas en cette période trouble pour ne pas dire « égoïstement haineuse » tout arrêter en attendant des jours meilleurs. En prend-on seulement le chemin ? Non ! Rien ne sera plus comme avant ! De ça, j’en ai l’intime conviction ! J’ai sorti ma petite bouteille d’eau et j’ai bu à grosses goulées pour éteindre l’incendie qui m’embrasait.
Un peu plus tard, ma bonne étoile a fait s’arrêter la bonne personne devant ma table. Du baume sur la plaie qui venait de s’ouvrir.
Étienne, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’est arrêté, a posé sur moi un regard bienveillant, souriant. Humain. À ce moment précis j’ignorais que la présentation de mes écrits s’adressait à un médecin spécialiste de la douleur et plus précisément de la fibromyalgie. Il m’écoutait sans m’interrompre puis face à « La Miraculée » il s’est animé. Il s’est présenté en toute simplicité. Et tout aussitôt, j’ai eu l’impression de le connaître depuis toujours. Enfin quelqu’un avec qui je pouvais parler de la douleur sans attendre un lot de consolation. Même si je vais mieux après mon accident, je n’en suis pas sortie totalement indemne ! (Chut c’est entre nous). En partant avec « La Miraculée » sous le bras, Étienne me dit « donc vous c’est Annette, moi c’est Étienne ». Je ne l’ignorais pas puisque je venais de lui dédicacer mon livre. J’ai beaucoup apprécié son empathie… Cela existe encore de nos jours. J’en soupire d’aise.
Je remercie également une mamie généreuse qui a emporté les 4 « Gracieuse… pour sa petite-fille et celles de ses amies… ». Quelques « Lettre à pépé Charles » et « Gustave » ont aussi séduit des adolescents sous la pression affectueuse, je l’avoue, de mamies… ou mamans. « À l’assaut du bonheur » a trouvé preneur auprès de mes lectrices de l’an dernier qui avaient lu « Un soir d’été en Sardaigne ».
Trois heures de ma vie si vite passées mais tellement bien passées ! Un auteur ne peut s’en priver. Promis Claudio Capéo, j'abandonne ce soir pour faire mieux demain. Ainsi va la vie !